Éditorialistes
Denis Fortin

Denis Fortin

La Chandeleur, notre présentation

pasteur suppléant à l'Église Unie Saint-Pierre de Québec

 

Les derniers feux de Noël scintillent dans la flamme de la chandelle et nous voici arrivé à cette fête vétuste. Symbole de la clarté croissante des jours, la relance dans cette grande traversée vers le Solstice, espérance que tous nos chemins de vie déboucheront, en bout de marche, dans la Lumière.

 

 

La marmotte ne remplacera jamais cette présentation – la nôtre par procuration - au Temple, ni les crêpes ne rassasieront davantage l’appétit de contemplation du mystère de l’existence.

Me reviennent ces mots poétiques de James Joyce : Ecce Puer, voici l’enfant. Fascination devant une vie nouvelle, poignante espérance qui nous enserre le cœur, conscience du cycle de la vie qui nous transporte vers notre destinée.

 

Of the dark past

A child is born;

With joy and grief

My heart is torn.

 

Calm in his cradle

The living lies.

May love and mercy

Unclose his eyes!

 

Young life is breathed

On the glass;

The world that was not

Comes to pass.

 

A child is sleeping:

An old man gone.

O, father forsaken,

Forgive your son!

 

Ecce Puer - James Joyce - 1932

Of the Dark Past [écoutez l’adaptation de Joan Baez]

Ecce Puer [et celle de Vladimir Godar]

 

[Du sombre passé, un enfant naît; joie et douleur étreignent mon cœur. Quiétude du berceau, où la vie se repose; qu’amour et miséricorde ouvrent ses paupières. Une vie neuve souffle le verre; ce monde qui n’était pas advient. Un enfant dort : un vieillard disparaît; ô père délaissé, pardonne ton fils.]

 

S’il nous arrive souvent d’abandonner « le père éternel », comme on disait jadis, Lui jamais ne nous délaisse, ne serait-ce qu’un instant. Ecce Puer, lumière de réconfort et guérison; c’est Jésus, le passeur… à travers toutes nos passions, en sa Pâques, naissent nos résurrections.

 

Alors nous aussi pouvons dire tel Siméon (Luc 2, 29-32) :

Maintenant, ô Maître souverain, +
tu peux laisser ton serviteur s'en aller
en paix, selon ta parole.

Car mes yeux ont vu le salut
que tu préparais à la face des peuples :

lumière qui se révèle aux nations
et donne gloire à ton peuple Israël.

Textes liturgiques © AELF

 

 

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