Simon le Zélote

Simon le Zélote

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Jugé-e parce que vous êtes croyant-e ?

Vous arrive-t-il d'être jugé parce que vous êtes croyant ? Si vous êtes chrétien, vous arrive-t-il de subir des sarcasmes, d'encaisser des commentaires négatifs ? Et si en plus vous êtes pratiquant, est-ce pire ?

Si oui, comment y réagissez-vous ? Vous arrive-t-il d'être discret ou de taire carrément votre foi ?

Commentaires

Etudianteindigne

Etudianteindigne

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Personnellement, c''est plus de l'incompréhension et de l'indifférence que je vis que du jugement. J'imagine qu'à notre ère post-moderne, on accepte la diversité religieuse et les croyances de chacun sont vues comme un droit individuel qu'il faut respecter.

Cependant, lorsque je parle de mes croyances, la plupart du temps les gens changent de sujet et ne veulent pas en parler. Des fois, simplement en parlant de ma foi, je peux me faire reprocher d'imposer mes croyances, alors que ce n'est jamais mon intention.

Je crois aussi que la foi est personnelle, mais, comme toute partie importante de ma personnalité, je crois avoir le droit d'en parler, sans être accusée d'imposer mes croyances. C'est peut-être un jugement, justement, que de se faire dire de prime abord qu'on impose ses croyances alors qu'on ne veut qu'en parler, puisque c'est important.

Simon le Zélote

Simon le Zélote

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Chat échaudé craint l'eau froide ! Il y a tellement de méfiance au Québec envers tout ce qui se rapproche tant soit peu du religieux... Déplorable.

Sans parler de l'ignorance crasse: on ne sait rien et on ne veut surtout rien savoir de la religion. C'est ainsi que j'interprète la réaction des gens à qui tu parles de ta foi, Claire: "Ne nous en parle surtout pas, on ne veut rien savoir ".

Etudianteindigne

Etudianteindigne

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Chat échaudé craint l'eau froide: c'est exactement ça!

En fait, je dis que ne me suis jamais fait juger pour être croyante, mais je me suis déjà fait jugée pour avoir quitté l'Église catholique pour l'Église protestante. Certains semblent penser que le protestantisme est pareil comme le catholicisme, mais sans le pape et avec "les anglais". Alors, tant qu'à ça, pourquoi ne pas rester catholique? Comme si le fait que je soie devenue membre d'une Église protestante "annule" mon baptême... c'est tout le contraire, mon baptême est confirmé par le fait que je vis pleinement ma foi véritable dans une Église à laquelle je sens que je peux la vivre de façon authentique. Mais ça aussi, certains ne veulent pas le savoir...

Simon le Zélote

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"le protestantisme est pareil comme le catholicisme, mais sans le pape et avec "les anglais". Alors, tant qu'à ça, pourquoi ne pas rester catholique?"

Elle est bonne !

Je ne l'avais jamais entendue celle-là, du moins pas ramassée de façon aussi concise, mais ça résume en effet le genre de réactions auxquelles on a droit dans le Québec francophone quand on passe du catholicisme à la foi protestante.

Dans mon cas, mon meilleur ami m'a dit que j'étais "pas mal fucké côté religion".

Un autre ami que je considérais comme mon grand frère m'a dit que je m'étais "fait laver le cerveau", que les protestants "étaient bons là-dedans". Une fois que je critiquais le pape et ses positions en matière de moeurs, il m'a rétorqué:

"Je ne sais pas c'est qui ton protestant, mais je suis sûr qu'il n,est pas mieux".

Et la meilleure: quand j'ai dit que je ne voulais plus être catholique et que je souhaitais devenir protestant, il m'a lancé:

"Si tu ne veux plus être catholique, sois rien".

Etudianteindigne

Etudianteindigne

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"Sois rien"!

Elle est bonne celle-là aussi! J'ai l'impression que nous tendons tous, et je m'inclus bien sûr là-dedans, à "prêcher notre paroisse", c'est-à-dire à penser notre propre croyance est la meilleure. Mais on peut aller au-delà de cette tendance et tenter de comprendre l'autre. Même si on n'est pas d'accord, être ouvert à la compréhension, c'est ça qui est important. Le jugement est un obstacle qui bloque la compréhension, qui, je crois, nous fait rater la cible. Alors, il possible d'aller au-delà du jugement pour comprendre l'autre, sans avoir besoin d'être d'accord.

Simon le Zélote

Simon le Zélote

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Le jugement...

Jésus nous a enseigné de ne pas juger les autres, sans quoi nous serons jugés à la même mesure que nous le faisons (Matthieu 7, 1-2). Mais c'est quoi, juger ?

Avoir une opinion négative de quelqu'un ou de son comportement, est-ce que c'est le juger ? Si oui, est-ce possible de ne jamais avoir d'opinions négatives de personne ni de ses actes ?

Quand est-ce que l'opinion devient jugement, où est la limite ?

J'ai parfois l'impression que ce commandement de Jésus est impossible à suivre, que c'est juste humain et tout naturel de juger, que l'esprit humain est ainsi fait.

Me goure-je ?

Patrick_qc

Patrick_qc

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Je crois que Jésus nous demande, par cette parole, d'agir envers les autres comme nous voulons qu'ils agissent envers nous.

Nous ne voulons pas que les autres nous jugent hâtivement, alors n'agissons pas de la sorte. Cependant, si nous sommes dans l'erreur - surtout lorsque cela met en danger notre vie - nous aimerions que les autres nous le disent. Ainsi, nous devons agir de cette manière envers les autres.

En ce qui concerne les opinions négatives, je crois que nous pouvons utiliser 2 critères qui nous permettent d'éviter de dire beaucoup de mal pour rien:

1) Est-ce utile?

2) Suis-je certains de ce que j'avance?

Si nous répondons "non" à une seule de ses 2 questions, mieux vaut se taire.

a+

Patrick

Etudianteindigne

Etudianteindigne

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Je suis d'accord avec vos critères, Patrick qui me font penser à ce qu'on appelle, si ma mémoire ne fait pas défaut et corrigez-moi si je me trompe, "les trois passoires de Socrate", Dans un dialogue, Socrate disait que si une parole ne passe pas dans les trois "passoires" de l'utile, du vrai et du beau, ce qui ressemble beaucoup à ce que vous avez avancé, Patrick.

Je voudrais aussi ajouter que, selon moi, c'est de faire nôtre le jugement qui est rater la cible (j'aime tellement cette expression, tellement que je ne plus jamais le mot "péché"!). En d'autres mots, si on sait qu'on juge ou qu'on émet une opinion négative, si on est conscient que c'est humain et que le soi véritable n'a pas à s'identifier à ce jugement. Selon moi, on peut se détacher de ce jugement et se dire: "si je juge, c'est parce que je juge ce que je connais de la personne et non parce que je veux juger la personne en entier." Alors, on peut être en désaccord avec un agir de la personne, mais juger l'être en entier, je trouve que c'est rater la cible. Et ne pas rater cette cible, pour moi, ce n'est pas impossible. Au contraire, quiconque en contact avec Jésus peut réaliser cette vérité: ma soeur ou mon frère est fille ou fils de Dieu, comme moi. Ainsi, on est conscient qu'on peut toujours se rapprocher de sa soeur ou son frère, lorsque les deux personnes ont en tête cette vérité.

Simon le Zélote

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Patrick et Claire, j'aime vos réponses. J'aime vos critères qui vous permettent de faire la différence entre "juger" et "avoir une opinion négative".

D'abord, le jugement est souvent hâtif, comme le rappelle Patrick. Il faut se garder de juger trop rapidement.

Ensuite, le jugement porte bien souvent sur la personne en entier, comme l'a écrit Claire, plutôt que sur le seul geste ou comportement qu'on lui reproche et qu'on désapprouve. "Parce que X fait ceci, X est un ..."

Pour ce qui est de dire ou de ne rien dire, je n'allais pas jusque là. On peut avoir une opinion négative et n'en rien dire, la garder pour soi. Si ça devient un jugement, ce n'est pas moins grave. Qu'on le dise ou qu'on se taise, on juge quand même, et Jésus nous demande de ne pas juger. Il ne dit pas: "c'est correct de juger, à condition que vous n'en disiez rien", Non. Il ne faut pas juger, point.

Et je trouve ce commandement difficile !

Simon le Zélote

Simon le Zélote

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Depuis quelque temps, je ne

Depuis quelque temps, je ne me sens pas jugé, mais plutôt regardé avec un air bizarre dès que je dis que je suis membre d'une Église. Souvent, je suis là pour parler de tout autre chose, mais ce sont les gens qui viennent vers moi et me posent plein de questions là-dessus. Quelque chose les chatouille.

 

Je dirais même que je sens chez les gens une sorte de culpabilité, sourde et bien enfouie, d'avoir rompu avec toute vie spirituelle ou presque. Le fait que moi, jeune homme bien sous tous rapports ( ! ) et apparemment sain d'esprit, sois un chrétien pratiquant qui ne s'en cache pas souligne à gros traits rouges leur passivité et leur indifférence spirituelle, je crois. C'est à ça qu'ils réagissent, avec un mélange de curiosité sincère et d'agacement contenu mais difficile à dissimuler.

Dominique

Dominique

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Il y a un bon bout de temps

Il y a un bon bout de temps que je n'ai pas fait ma petite visite sur caféchange. Intéressant ce que je lis ici.

Moi aussi on me regarde, du moins j'ai l'impression, d'une façon spéciale lorsque je m'affiche comme chrétien et encore plus comme chrétien et gai.  On me voit souvent à travers les sentiments négatifs mais aussi positifs que les gens éprouvent particulièrement par rapport à l'Église catholique.

Depuis plusieurs mois, je m'implique dans le milieu communautaire. Je suis des formations en liens  avec mes interventions auprès de gais, lesbiennes et bissexuel-les. Je travaille depuis février comme contractuel dans un organisme LGB .

Je souris toujours intérieurement en voyant la réaction des gens lorsque des formateurs parlent des origines religieuses de l'homophobie et surtout lorsqu'ils disent lors de leur présentation que l'Église Unie est inclusive envers les personnes LGBT  contrairement au catholicisme officiel.  J'ai l'impression de me sentir reconnu en quelque part même si je sépare mon travail de mes activités religieuses.

Je profite de ce moment pour vous souhaiter une belle fête de Pâques!

Cocotte

Cocotte

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Merci de ce beau

Merci de ce beau témoignage Dominique!